À la rencontre de Fabienne Muller,
fondatrice d’Autonomia

fondatrice d’Autonomia
À l’heure où l’association traverse une étape clé de son évolution avec un changement de direction, sa fondatrice jette un regard lucide, assez ému et résolument tourné vers l’avenir sur cette décennie d’engagement pour l’égalité dans l’accès à une éducation administrative de qualité à Genève.
Autonomia a été créé de toutes pièces par vous, il y a huit ans de cela. Quel bilan tirez-vous de cette aventure ?
Beaucoup de chemin a été parcouru en huit ans, et même plus : j’ai retrouvé une première ébauche d’Autonomia qui date de dix ans! Mon premier challenge, après m’être convaincue du bien-fondé de sa mission, a été de convaincre suffisamment de personnes de rejoindre un comité pour pouvoir créer l’association.
Dès qu’Autonomia a pu exister, nous avons commencé nos activités dans les cafés genevois, cela a d’ailleurs duré deux ans. Andréa est arrivée dans l’association pour s’occuper de la communication et, entre-temps, j’ai travaillé avec mon fils et ses amis pour créer un site web et une identité visuelle. Notre assistante sociale Mélanie a rapidement rejoint le projet afin de proposer des suivis individuels en plus des ateliers. Ça a commencé doucement, mais c’était assez facile de réunir du monde autour de ce projet.
Quelle a été l’étape la plus déterminante pour Autonomia ? Celle qui lui a permis d’évoluer ?
Chaque pas est déterminant dans une association. L’arrivée dans les locaux de la Maison Internationale des Associations, par exemple, nous a permis d’avoir des bureaux ainsi qu’une salle pour nos ateliers. Aujourd’hui, nos locaux, situés dans le bâtiment des UCG à la Jonction, sont très adaptés à nos activités. Mais l’une des étapes les plus importantes a été la rencontre avec notre partenaire financier principal.
Nous n’en serions pas ici aujourd’hui sans ce soutien.
La mission d’Autonomia répond à un besoin précis de la population genevoise : l’égalité des chances dans l’accès à une éducation administrative de qualité. Y-a-t-il eu un ou plusieurs temps forts, durant les ateliers que vous donnez, où vous en avez ressenti toute la pertinence ?
Oui, lorsque j’ai donné des ateliers en détention pour la première fois. J’ai trouvé très pertinent et touchant d’aller rencontrer des détenus, et d’entendre ensuite leur reconnaissance. En sortant, je me suis d’ailleurs souvent dit : « OK, là on est au bon endroit. » Aujourd’hui, j’ai cette sensation avec l’ensemble de nos publics. Certains vivent des étapes de vie bouleversantes et nous avons vu de nombreuses vies changer, dans le bon sens pour la plupart.
Quels seront, selon vous, les prochains défis de l’association ?
Je crois, avec ce que j’ai pu vivre ces dernières années, que le principal challenge reste le même : celui de répondre à la demande tout en restant dans notre créneau. Il y a une demande évidente de la population pour combler ses besoins en matière d’éducation administrative, d’autant plus que nous sommes les seuls à avoir cette mission spécifique. Nous sommes d’ailleurs parvenus à faire réfléchir les autorités sur la question et elles collaborent avec nous aujourd’hui.
Pour plus de sérénité, nous aurions surtout besoin d’être plus connus et soutenus par d’autres partenaires financiers. D’autant plus que nous avons de nouveaux projets sur le feu. Les outils sont là, le positionnement et les contenus des ateliers sont bons. Selon moi, cela se joue au niveau de notre reconnaissance et de nos financements. Nous sommes toujours arrivés à finir nos années, mais nous avons eu quelques sueurs froides et nuits blanches par le passé.
Qu’en est-il de l’arrivée de Laura Roux à la direction ? Qu’est-ce que son profil peut amener à Autonomia ?
Son profil est très complémentaire du mien, comme cela a pu être le cas lorsque Candy Shorrock et moi co-dirigions Autonomia. Il y a eu un super feeling avec Laura. Ça a été un coup de cœur quand je l’ai rencontrée en entretien. J’ai tout de suite pensé que c’était la bonne personne. Elle a beaucoup de qualités, notamment un très bon management, et elle a déjà mis des outils en place pour optimiser les processus de travail de l’équipe. Je suis personnellement plus à l’aise lorsqu’il s’agit de créer quelque chose de nouveau (ou : lancer de nouveaux projets), mais c’est une énergie différente. Laura a toute ma confiance. Elle amène exactement ce dont l’association a besoin aujourd’hui.
Quels sont vos futurs projets personnels ?
J’ai deux projets en cours de création. « kaklon.com » qui est un site marchand où nous vendons des caquelons, réchauds et accessoires de seconde main. Le public visé est nordique. Mon compagnon et moi voyageons beaucoup en Scandinavie, où j’ai beaucoup d’attaches, mais sans grande surprise cela plait aussi beaucoup en Suisse. L’autre projet se nomme « Podcast à l’emporter ». Il a pour mission de rendre le médium du podcast accessible à toutes les actrices et acteurs sociaux, culturels et institutionnels de Suisse romande, en proposant des accompagnements, des ateliers et un studio mobile qui facilite la création de contenus audio de qualité professionnelle.
